Accueil, L'apprentissage

Le journalisme, quelle vision en avoir ?

En voulant entrer de plain-pied dans le milieu du journalisme, j’ai rapidement compris qu’il me faudrait avoir sous le coude un diplôme ou une formation significative pour espérer intégrer une rédaction en France. En me préparant à passer les sélections de l’ESJ Pro pour accéder à une formation en alternance, j’ai découvert que l’une des questions phares dans le processus de recrutement téléphonique était : « quelle est votre vision du journalisme ? ». 

Journalisme

De but en blanc, les idées se bousculent. Mais une fois l’épaisse fumée de la réflexion dissipée par un peu de recul, cela devient bien moins simple. On a tous en tête ces valeurs fortes que l’on associe volontiers au journaliste : quelqu’un d’intègre, de parfaitement objectif dans ses propos, à la recherche de la vérité dans l’intérêt public, qui excelle en culture générale et qui est à la fois pédagogue et critique dans le récit de l’information auprès de son public. Toutes ces valeurs sont, je crois, toujours en vigueur chez une certaine partie des journalistes qui ont connu le terrain, l’investigation, la responsabilité d’être le quatrième pouvoir (après le législatif, l’exécutif et le judiciaire), mais qui ont aussi connu la possibilité financière de s’attaquer à des sujets de fond en prenant le temps nécessaire pour fournir un travail de qualité. Puis l’émergence éclair du web a changé la donne.

Informer plus pour gagner plus ?

Aujourd’hui, je pense que le journalisme répond à deux exigences dépendantes l’une de l’autre : la priorité à l’information et la recherche de rentabilité. Comme depuis toujours. À la seule différence que le journalisme ne se pratique plus de la même manière pour y parvenir. Je crois qu’en intégrant une rédaction, je passerai 70% de mon temps à un bureau. En y arrivant le matin, j’effectuerai une revue de presse à la fois généraliste et spécialisée selon le domaine dans lequel je suis. Ensuite, je prendrai le temps de consulter mes mails et nombreuses sollicitations. Ensuite, c’est la réunion quotidienne de rédaction définissant les sujets à aborder et les projets à concrétiser. En me destinant au journalisme sportif web, le matin est aussi le moment pour assister à des entraînements et rencontrer des sportifs. Ce peut-être l’occasion de délivrer quelques premières informations de la journée. Après une brève pause de restauration, vient le temps de la rédaction de fond, avant qu’une possible autre réunion ne vienne conforter ou modifier le programme. La journée se terminera sans doute par le suivi d’un événement sportif à couvrir, et dont je relaterai les faits le plus rapidement possible. Évidemment, cet idéal garde toujours une réalité économique devenue maîtresse dans l’organisation du temps et du travail. En se battant à coup de clics, de pages vues et de followers, les sites médias ne font que réagir à l’explosion de l’accès à l’information rendue possible par Internet. Là où l’information juste et utile était légion il y a quelques années, elle s’est vue renforcée largement par une information suggestive, prévisible et séductrice. D’un « Tony Parker, sportif Français le mieux payé », nous sommes logiquement passé à un « Découvrez quel est le sportif le mieux payé en France ? », lorsque la surenchère ne devient pas « Quelle surprise au classement des sportifs les mieux payés !? ».

Un dur métier de courage, de passion et de partage

Si je devais donner ma vision du journalisme aujourd’hui, je dirai que c’est une profession de passion et de partage. C’est un métier qui me semble être difficile à exercer à cause de nombreux facteurs (concurrence extrême, désamour existant de la population, baisse de crédibilité,  manque de moyens…), particulièrement éprouvant (ne nous leurrons pas sur les journées de 12 heures, les salaires dérisoires du débutant et l’absence de vie sociale) mais qui de toute façon ne se fait pas pour l’argent, la gloire ou le pouvoir. Il se fait par passion et envie d’informer, de maintenir auprès de son public un niveau de connaissances du monde qui l’entoure de manière la plus juste possible. Il faut bien évidemment être curieux, savoir être critique de chaque situation, et prendre le recul nécessaire pour apporter des faits vérifiés et utiles. Car l’impact de notre plume peut prendre des proportions importantes auprès de chacun, et le journalisme a une légitimité qui lui confère un pouvoir qu’il ne peut ignorer. Le journalisme est aussi devenu un métier de polyvalence, où la maîtrise du web, des réseaux sociaux et de compétences audio/vidéo sont nécessaires. L’intégrité, le respect de la vérité et la déontologie devraient être de mise, même si la logique économique et publicitaire peut devenir incompatible avec ces valeurs. Il faut alors faire un choix. Et le faire vite, car l’actualité n’attend pas.

Publicités

À propos de Alexandre Becquet

Originaire du Nord de la France, j'ai appris le football grâce aux albums Panini de papa planqués dans le grenier. Amoureux de la dernière passe, des coups francs bien frappés de Beckham et des pronostics improbables, j'aime me prendre pour un commentateur fou et passionné. Et si tu veux voir ma photo dédicacée du sorcier Japhet N'Doram, même pas en rêve.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

L’auteur

Retrouvez-moi aussi sur…

L'Athlète

L'Athlète - Ensemble, vivons le sport !

Affluence

  • 3,754 spectateurs
%d blogueurs aiment cette page :